Ciné au parc de la Baleine

affiche du film

Lundi 17 juillet 2017, projection en plein air au parc de la Baleine, Jonction, Genève

"Affreux, sales et méchants"

Un film de Ettore Scola (1976), avec Nino Manfredi

Titre original : "Brutti, sporchi e cattivi"

Dans un bidonville à Rome, Giacinto règne en tyran sur sa nombreuse famille. Tous acceptent son autorité et sa mauvaise humeur, car le patriarche possède un magot que chacun espère lui voler. Chaque jour, il lui faut trouver de nouvelles cachettes et défendre son bien fusil en main. Lorsqu’il décide d’installer sa concubine dans le baraquement, la révolte gronde...

Ettore Scola projette tout d'abord de réaliser un documentaire sur ce bidonville, situé sur une colline de Rome dans les années 1970. Il s'orientera finalement vers la réalisation d'une fiction, mêlant des acteurs professionnels et réputés, comme Nino Manfredi, et des comédiens amateurs habitant le bidonville.

"E. Scola s’insinue dans le quotidien sordide des indigents ; il scrute la lie de la société - des pauvres concupiscents et sordides - jouant de la promiscuité et du rapport dégénéré entre les membres d’une famille « affreuse, sale et méchante ». Ne cherchant pas à embellir ou à idéaliser le microcosme des poubelles, le cinéaste italien se délecte de personnalités hautes en couleur qu’il renvoie de manière très organique aux ordures, au sens propre et figuré. Entre le patriarche libidineux et radin, la mama obèse et grossière, le fils qui se prostitue et tous les autres membres de la famille (plus d’une dizaine partageant les mêmes matelas), tous plus ignobles les uns que les autres, dont le seul but est de zigouiller le patriarche pour récupérer son magot (forcément dissimulé dans son entrejambe !), l’échantillon humain proposé ne donne pas foi en notre espèce. La pauvreté est ici décrite comme source de jalousie, de rancœur et de perversion. Dans ce joyeux délire, burlesque et fellinien (le père rencontre une prostituée à la poitrine généreuse qu’il impose dans la couche matrimoniale), les parasites de la société ne sont pas considérés avec misérabilisme par l’auteur, qui se refuse à tout manichéisme : l’on n’est pas gentil car on est pauvre et inversement, bien au contraire, la misère fait ressortir le pire chez l’homme (...)."

extrait de : Frédéric Mignard, "Bidonvices" (www.avoir-alire.com)

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